L’influence des réseaux sociaux sur la littérature et le monde de l’édition 

Sarah Bernamont | Juliette Dubuffet | 6 janvier 2025

TikTok, YouTube, Instagram… Ces applications sont devenues incontournables et maintenant présentes sur presque tous les smartphones. Que ce soit pour trouver une recette, un film intéressant ou bien votre prochain livre à lire, les réseaux sociaux sont désormais la référence ultime. Mais alors, comment ont-ils réussi à s’imposer face aux critiques littéraires, et quelles influences exercent-ils sur le monde de l’édition ? Pour tenter d’y répondre, référons-nous au plus grand influenceur littéraire du moment, « the internet’s resident librarian » : Jack Edwards. 

La naissance des réseaux sociaux littéraires

À l’ère du numérique, les critiques littéraires professionnelles se font progressivement remplacer par celles postées par des influenceurs sur les réseaux sociaux. 

Vos réseaux sociaux favoris sont en partie dédiés à la littérature avec Booktok, Booktube ou encore Bookstagram. L’objectif des influenceurs littéraires est de partager leur passion en parlant de leurs dernières lectures, mais aussi de vous pousser à lire et acheter ces ouvrages à travers leurs nombreux posts sur les diverses plateformes. 

Vous êtes perdus devant tous ces choix qui s’offrent à vous ? Voilà quel réseaux social littéraire privilégier : pour des vidéos rapides qui vous donneront envie de remplir votre bibliothèque, privilégiez Booktok, et pour des vidéos plus détaillées tout en étant accessibles et axées sur vos goûts personnels, choisissez Booktube. Vous préférez l’esthétisme ? Alors choisissez Bookstagram et ses photos de couvertures plus colorées les unes que les autres. 

Les gens lisent-ils plus ?

Jack Edwards est l’un des piliers de l’influence littéraire, avec 1.44 millions d’abonnés sur sa chaîne YouTube principale, 583.000 sur Instagram (@jackbenedwards), et 709.300 sur TikTok (@jack_edwards). Actif depuis 2016, il a gagné en popularité en 2021 grâce à ses vidéos lecture. 

Afin de justifier nos propos et d’offrir un aperçu plus visuel, nous nous sommes servi de l’outil Google Trends pour créer des graphiques. 

Entre recommandations, trends et partenariats, nombreux sont les outils utilisés par les influenceurs pour promouvoir les livres. Et… ça marche ! Si on observe les courbes d’intérêt pour The Seven Husbands of Evelyn Hugo de Taylor Jenkins Reid, The Song of Achilles de Madeline Miller ou White Nights de Fyodor Dostoïevski, populaires sur ces réseaux sociaux, on remarque que les pics de recherche correspondent à leur promotions par Jack Edwards, entre autres. 

Crédibilité des critiques littéraires d’influenceurs

Entre les étagères de libraire “Vu sur TikTok, les invitations aux salons littéraires ou les récompenses du meilleur influenceur : le monde de l’édition profite même de ce phénomène des influenceurs littéraires. Les éditeurs collaborent maintenant régulièrement avec les influenceurs pour promouvoir leurs livres. 

Mais, les critiques littéraires d’influenceurs doivent être prises avec des pincettes. Contrairement aux critiques professionnelles avec leur approche analytique, les influenceurs, eux, utilisent le registre de l’émotion. Pour illustrer notre propos, nous avons utilisé Voyant Tools, un outil de visualisation, pour créer des nuages de mots qui comparent les termes utilisés dans les critiques faites par l’influenceur et les critiques professionnelles de The Bell Jar et White Nights.

Jack Edwards (Youtube, Instagram, TikTok)Critiques professionnelles




On remarque une emphase sur le mot « book » dans les critiques de Jack Edwards, alors que dans les critiques professionnelles, les termes employés paraissent plus diversifiés et se concentrent plus sur le contenu et les thèmes abordés dans l’œuvre. De même, ces derniers semblent analyser l’œuvre, on retrouve des termes comme : « prose », « plot » ou « poetic », alors que Jack Edwards fait appel à ses ressentis pour parler de ces œuvres : « devastating », « tears », « immaculate », « thinking », « thoughts » ou « interesting ».

Le livre : un simple objet ou une œuvre ?

Ça arrive à tout le monde d’acheter des livres sans les lire, pas vrai ? Cette tendance à acheter toujours plus de livres serait peut-être en partie causée par les influenceurs littéraires.

D’abord, on remarque que Jack Edwards, comme d’autres influenceurs, met en avant le format et la couverture du livre. Ainsi, en l’exposant dans leur bibliothèque dans des bookshelf tour ou dans leur décor de vidéos, le livre semble devenir de plus en plus un objet de collection ou de décoration, plutôt qu’une œuvre.

Cette emphase sur la matérialité du livre dans la critique littéraire d’influenceur pourrait pousser à la consommation chez le lecteur. Nous retrouvons aussi cette emphase dans les nuages de mots utilisés précédemment dans lesquels « book » et le titre du livre sont les termes le plus souvent répétés dans les vidéos de l’influenceur Jack Edwards.

Les influenceurs poussent-ils à la consommation ?

Enfin,  les créateurs de contenus ne sont pas les seuls à influencer nos habitudes de lecture, nous sommes aussi sous le charme des algorithmes qui ont pour but que l’on reste le plus longtemps possible sur l’application. En effet, c’est lorsque nous utilisons les réseaux sociaux que nous participons à cette relation symbiotique dans laquelle humains et algorithmes s’échangent et enregistrent des données, pour générer plus de données de sortie. Cet échange se réalise lorsque les utilisateurs mettent des likes, des commentaires, enregistrent et partagent des posts. Mais aussi lorsque les influenceurs profitent de ces algorithmes en étant à l’affût des nouvelles tendances pour rendre leur contenu plus visible. Vous vous en rendez peut être compte, mais c’est aussi une relation antagoniste : l’utilisateur s’enferme lui-même dans une boucle, dans laquelle le réseau lui propose encore et toujours le même contenu. 

Pour conclure…

Les influenceurs, dorénavant capables de faire exploser la popularité d’une œuvre, se positionnent comme une nouvelle variable dans le monde de l’édition. Les éditeurs collaborent maintenant avec des influenceurs comme Jack Edwards, et ces derniers peuvent à leur tour influencer les ventes de livres. Nos recherches nous ont mené à observer que les réseaux sociaux littéraires influencent nos habitudes de lecture, et même la façon dont nous consommons la littérature. À une plus grande échelle, les influenceurs, mais surtout les algorithmes, auraient un impact considérable sur le monde de l’édition. Ainsi, une perspective plus critique du phénomène des influenceurs littéraires permet de refléter l’impact du numérique sur les habitudes réelles des lecteurs.

Sources

Coculet, Marine, Reconfiguration et spécificité de la prescription  littéraire  amateure sur
BookTube
, Dans : Brigitte Chapelain et Sylvie Ducas (éds.), Prescription culturelle :
Avatars et médiamorphoses
[en ligne], Presses de l’enssib, 2018, p. 329-344, DOI :
10.4000/books.pressesenssib.9423.

Euzéby, Florence, Juliette Passebois-Ducros et Sarah Machat, « Exploring the Impact of Book Influencers on Reading Intentions in the Scroll Era », International journal of arts management [en ligne], vol. 27, n° 1, 2024, p. 17‑39.

Low, Bronwen, Christian Ehret et Anita Hagh, « Algorithmic imaginings and critical digital
literacy on #BookTok », New media & society [en ligne], 2023, DOI :
10.1177/14614448231206466.

Loubet-Poëtte, Vanessa, Le phénomène Booktube. Enjeux et fonctions des chroniques littéraires en vidéo sur Internet, Dans : Sylvain Dreyer et Dominique Vaugeois (éds), La critique d’art à l’écran (Tome 2) : Filmer la littérature [en ligne], Presses universitaires  du Septentrion, 2021, p. 215‑230, DOI : 10.4000/books.septentrion.101462.

« Kemono Incidents » et l’ère digitale : une exploration de l’évolution du manga

Vous n’y connaissez rien à l’univers du manga ou très peu ? Vous n’avez jamais entendu parler du terme scantrad ? Alors, ce qui suit est fait pour vous !

La définition du manga

Le manga est un style de bande dessinée japonaise. Il trouve ses origines au Japon au début du 20ᵉ siècle et est caractérisé par son style graphique distinctif et ses thèmes diversifiés, couvrant des genres allant de l’action à la romance, en passant par la science-fiction et le fantastique.

Son arrivée en France

Le manga a commencé à gagner en popularité en France dans les années 1980, mais son essor majeur s’est produit dans les années 2000. En effet, avant cela, le marché du manga n’était pas assez conséquent pour se développer. Alors des fans de manga décident de numériser des mangas traduits et de les mettre en ligne. Cette pratique étant illégale, une alternative plus floue voit le jour.

La naissance du scantrad

Le terme “Scantrad” peut sembler étrange au premier abord, mais cache en réalité une aventure passionnante dans l’univers du manga ! Le scantrad c’est comme un super-héros pour les fans de manga, en effet, c’est une manière non officielle de partager des mangas avec le monde entier. Le scantrad c’est surtout une équipe de fans qui travaillent ensemble afin de traduire et mettre en ligne des mangas qui n’est pas disponible dans leur pays.

Pour cela, prenons l’exemple de Kemono Incidents, de son nom d’origine Kemono Jihen. Ce manga est désigné comme un shōnen, ce qui veut dire que son public cible est masculin, même si aujourd’hui cela ne veut plus rien dire. Il a d’abord été prépublié dans un magazine en 2016 puis publié en version reliée en 2017 au Japon. C’est là que l’aventure commence. Les fans intrépides du groupe Hanto no Scantrad découvrent un jour cette histoire et font la connaissance de Kabane, le personnage principal. Il devient alors évident pour eux que le public français doit aussi faire sa connaissance. Pour résumer, le scantrad c’est une super équipe de passionnés qui veut partager les trésors du manga avec le reste du monde, même si cela peut parfois être un peu rebelle. Si vous souhaitez en savoir plus sur Kemono Incidents ou sur le scantrad n’hésitez pas à consulter notre image interactive.

Une petite controverse

C’est bien joli tout ça, mais les droits d’auteur qu’est-ce qu’on en fait ? En effet, le manga est en accès libre, personne ne paie pour pouvoir le lire et ça les maisons d’éditions s’en rendent bien compte. Tout est une question de rapidité. Les éditeurs doivent d’abord obtenir les droits pour pouvoir publier une œuvre en France, ensuite, il y a des délais d’adaptation, de traduction, etc. Ce qui peut prendre des années pour une maison d’édition peut prendre quelques semaines pour une équipe de scantrad qui publiera le manga chapitre par chapitre. Mais vous allez nous dire, si c’est illégal, pourquoi ça existe encore. Eh bien tout simplement parce qu’il y a une forte demande d’un public, majoritairement jeune, qui s’identifie à ces histoires. De plus, le nombre de volumes d’un manga peut être important, voire très important. Kemono Jihen compte déjà vingt volumes au Japon. Un autre exemple encore plus marquant, One Piece, qui cumule aujourd’hui cent sept tomes. Des tomes qu’il faut donc acheter un par un pour suivre l’histoire de nos héros préférés. C’est pour cela que le scantrad apparaît comme la meilleure alternative aux yeux de ce public.

Une meilleure solution

Dans ce cas-là, on passe des accords. Les maisons d’édition tolèrent le scantrad à condition que certaines règles soient respectées. Ainsi, le manga choisi par une équipe de scantrad ne doit pas déjà être publié par une maison d’édition, et si les droits d’un manga sont rachetés, alors l’équipe a pour obligation de supprimer tous les chapitres présents sur leur site, et d’indiquer le manga comme “Licencié” une fois la sortie française annoncée.

Le futur du manga

Les professionnels du monde du livre ont bien remarqué que le manga représente une part importante de la littérature, notamment chez les jeunes pour qui le numérique occupe une grande place dans leur vie, et ce, dès le plus jeune âge. Alors, on s’adapte, on crée des applications sur lesquelles on peut avoir accès à un large catalogue de manga sur son téléphone. Ce nouveau marché émergeant offre ainsi la possibilité aux jeunes auteurs de mangas de faire naître numériquement leurs œuvres, et en cas de succès, d’avoir leur place parmi les plus grands auteurs dans les rayons de nos librairies préférées.

Alexandra DAUBES

Lila LETURCQ

Traduction automatique vs Traduction Littéraire

la Technologie sur la Traduction Automatique

Avec l’évolution de la technologie, la traduction automatique s’est imposée comme un outil crucial, particulièrement efficace pour traiter de grandes quantités de données et offrir des traductions rapides. Toutefois, lorsqu’il s’agit de textes plus complexes, tels que les œuvres littéraires, des interrogations émergent quant à l’exactitude et la fiabilité de ces outils. En effet, peut-on vraiment s’attendre à ce que la traduction automatique reproduise fidèlement le style et le ton de l’auteur dans des contextes nécessitant une compréhension approfondie des nuances culturelles et des subtilités stylistiques ?

De nos jours,des logiciels de traduction populaires tels que DeepL, Google Translate et Reverso sont devenus des outils indispensables dans notre vie quotidienne. Cependant, lorsqu’il s’agit de traduire d’œuvres littéraires comme « Oliver Twist » avec ces outils, peuvent-ils produire des résultats uniformes ? En particulier, compte tenu des différences linguistiques et culturelles entre le chinois et le français, ces outils de traduction peuvent-ils maintenir la même qualité et précision lors d’analyses comparatives entre ces deux langues ? Voici la question centrale que nous allons approfondir dans cette étude.

Hypothèses sur la Traduction Automatique et Littéraire

En se basant sur l’évolution de trois logiciels de traduction (DeepL, Google Translate, Reverso), nous pouvons formuler deux hypothèses liées à notre recherche. La première est que, avec les avancées technologiques, l’outil de traduction le plus récent, DeepL dans notre cas, devrait présenter une meilleure orthographe et moins d’erreurs syntaxiques. La seconde hypothèse suggère que la traduction littéraire devrait être plus précise et compréhensible, sans les limitations de compréhension contextuelle inhérentes aux outils de traduction automatique.

Analyse des Résultats pour le Français et le Chinois

Pour le français, la première hypothèse est réfutée : Reverso, lancé en 1998, s’avère être l’outil de traduction automatique le plus fiable. La deuxième hypothèse est confirmée : la traduction littéraire est plus détaillée et précise, surtout pour les textes littéraires.

Pour le chinois, Reverso se distingue également dans la traduction automatique. La traduction littéraire, quant à elle, transmet mieux le sens et les émotions du texte original.Par exemple, dans le traitement du mot « asile », les erreurs sémantiques de la traduction automatique ont changé le sens du texte original.

Conclusion

En somme, notre étude sur des logiciels de traduction automatique tels que DeepL, Google Translate et Reverso a révélé leurs caractéristiques clés en termes d’efficacité et de fiabilité. Il s’avère que Reverso, malgré son ancienneté, surpasse le logiciel de traduction plus récent DeepL en termes de fiabilité pour les traductions automatiques en français et en chinois. Par ailleurs, la traduction littéraire conserve ses avantages en termes de précision, de détail et de capacité à transmettre les nuances culturelles et stylistiques, soulignant ainsi le rôle crucial des traducteurs dans la traduction de textes littéraires.

Et vous, quelle est votre expérience avec les outils de traduction automatique comme DeepL, Google Translate et Reverso ? Pensez-vous que la traduction littéraire restera toujours supérieure dans le domaine de la littérature, ou voyez-vous un avenir où la technologie pourrait égaler, voire surpasser, la finesse de la traduction littéraire? Partagez vos pensées dans les commentaires !

DUTILLEUL Soline

XIE Qingqing

YANG Yuhang

Voyagez avec nous autour du monde, à la découverte de cultures et de paysages fascinants

Voyage au centre de la Terre, Vingt Mille Lieues sous les mers, L’Île mystérieuse… Tout ça vous dit surement quelque chose. Oui, nous connaissons tous cet écrivain visionnaire du 19ᵉ siècle, auteur de romans d’aventures et de voyages aussi extraordinaires qu’emblématiques. Eh oui, c’est à Jules Verne que nous nous attaquons aujourd’hui, en parlant de rien de moins que le classique roman d’aventure de 1872, Le Tour du monde en quatre-vingts jours.

 Imaginez un instant : Verne, tel un explorateur en quête d’aventures imaginaires, nous raconte l’histoire incroyable de Phileas Fogg. Ce personnage intrépide se lance dans un pari fou : accomplir le tour du monde en un temps record de 80 jours pour gagner un pari, en partant de Londres. Accompagné de son fidèle serviteur français, Jean Passepartout, Fogg traverse continents et océans, affrontant des défis, des poursuites et des rebondissements inattendus. Et devinez quoi ? Dans cette aventure palpitante, nous vous invitons à embarquer à bord de notre projet : nous vous dévoilerons une carte interactive de cette épopée. Cette carte vous offrira l’opportunité de tracer virtuellement chacune des étapes de ce périple mythique, vous permettant ainsi de vivre de près cette odyssée extraordinaire.

Notre carte interactive sur StoryMap 

 Nous avons exploré les diverses cartes déjà élaborées sur ce récit, afin de créer une carte simplifiée et enrichit pour rendre cette expérience encore plus immersive. Notre outil de prédilection ? StoryMap, contrairement à d’autres outils de cartographie numérique, c’est une application polyvalente permettant de fusionner les lieux visités, les dates, les moyens de locomotions, des extraits littéraires, des éléments historiques sur les différentes cultures rencontrées et des images. Imaginez-vous déambuler virtuellement à travers les pages du livre tout en explorant les paysages de cette aventure. Une expérience moderne qui fusionne narration littéraire et technologie.

Mais pourquoi une carte interactive et non une carte dite « classique » ?

https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-livre-du-jour/le-livre-du-jour-le-tour-du-monde-en-80-jours-de-jules-verne_2216070.html

 Bien que la carte « classique » permette de se repérer, créer un imaginaire et une vraisemblance par rapport à l’histoire, nous pouvons notamment citer la carte du voyage de notre personnage Phileas Fogg, qui est une illustration originale d’Alphonse de Neuville et de Léon Benett, la carte interactive semble apporter une plus-value énorme. C’est un outil plus complet, interactif. L’utilisateur peut zoomer, faire glisser la carte, cliquer sur les points de repère pour accéder à des informations, ces dernières étant beaucoup plus riches que pour la carte « classique » : on peut y trouver des descriptions, images, liens, vidéos, etc. Elle facilite la compréhension de l’histoire, surtout pour une longue lecture, elle peut permettre de ne pas se perdre dans le fil du voyage. Et point très intéressant, elle rend la lecture divertissante et ludique : la carte est présentée comme un jeu et est moderne, ce qui suscite plus d’intérêt pour l’œuvre. 

 Alors, attachez vos ceintures, car cette carte interactive promet de vous faire vivre une expérience captivante à travers Le Tour du Monde en quatre-vingts jours. Vous serez à coup sûr fasciné par cette manière immersive de plonger dans un récit tout en découvrant une myriade d’informations sur chaque lieu visité. Laissez-vous embarquer pour cette aventure virtuelle à travers le monde de Jules Verne !

Découvrez notre carte interactive juste ici → https://uploads.knightlab.com/storymapjs/3c25499cc21a3a882ea4aa54d02a3440/le-tour-du-monde-en-80-jours-jules-vernes-flamand-lena-parent-leanne/index.html].

Sources

FLAMAND, Léna et PARENT, Léanne. Le tour du monde en 80 jours, Jules Verne [En ligne : https://uploads.knightlab.com/storymapjs/3c25499cc21a3a882ea4aa54d02a3440/le-tour-du-monde-en-80-jours-jules-vernes-flamand-lena-parent-leanne/index.html].

CAQUARD, Sébastien et DIMITROVAS, Stefanie, 2017. Story Maps & Co. Un état de l’art de la cartographie des récits sur Internet. Mappemonde. Revue trimestrielle sur l’image géographique et les formes du territoire, Avignon : UMR Espace. [En ligne : https://journals.openedition.org/mappemonde/3304#tocto2n1]. 

LOUNA, Justine. Carnet de voyage – Le Tour du monde en 80 jours de Phileas Fogg [En ligne : https://www.myatlas.com/JustineLouna/tpe]

COLLOT, Michel, 2019. Usages littéraires de la carte. Cartographier : Regards croisés sur les pratiques littéraires et philosophiques contemporaines, Bruxelles : Isabelle Ost, Presses de l’Université Saint-Louis. p. 117‑130. [En ligne : http://books.openedition.org/pusl/4484]


VERNE, Jules, 1990. Le Tour du monde en 80 jours. Coll. À tous les vents. Québec : La Bibliothèque électronique du Québec. [En ligne : https://beq.ebooksgratuits.com/vents/Verne-tour-monde.pdf]

Comparaison des traductions d’Orgueil et Préjugés de Jane Austen : Entre trahison du texte original et rachat par le biais du travail de traducteur

Orgueil et Préjugés de Jane Austen a eu un succès retentissant dès sa publication en 1813 en Angleterre et a été traduit très rapidement en français, cependant, ce roman, qui offre une représentation remarquable du mode de vie de la petite aristocratie anglaise avec ses codes et ses coutumes, est profondément ancré dans son contexte d’énonciation. La conjonction du succès de l’œuvre et de la complexité inhérente à l’exercice de traduction aboutit à un résultat prévisible, mais captivant : la multiplication de diverses traductions. Actuellement, on en compte plus d’une dizaine en langue française.

Traductions à travers le temps

Traduire un roman du 19e siècle comme Orgueil et Préjugés pose des défis uniques. Les normes linguistiques, le style et les connotations évoluent au fil du temps, et les traducteurs sont confrontés à la tâche délicate de capturer l’essence tout en adaptant le texte pour le public contemporain. Jane Austen a écrit dans un contexte culturel spécifique, et une traduction réussie doit transmettre cette ambiance à un public moderne. Nous avons observé comment les différents traducteurs ont géré la sensibilité culturelle, en adaptant les références historiques et sociales pour créer une expérience cohérente pour les lecteurs contemporains. Pour notre étude, nous avons pris en considération un extrait, le troisième chapitre du roman, issu de trois traductions d’époques différentes, une très précoce de 1813, une de 1822 qui a été révisée en 2015 et une plus récente datant de 2011. L’extrait présente une scène de bal, l’endroit idéal pour étudier les coutumes complexes liées à ce cadre spatio-temporel, les convenances de la pratique de la danse et la prédominance du bal comme lieu de rencontre pour la jeunesse aristocratique le désigne comme extrait idéal pour notre analyse. En composant un nuage des mots les plus utilisés de chaque traduction, on observe des différences marquantes entre ces dernières.

Après avoir constaté ces différences dans les mots récurrents, notamment l’utilisation du terme « contredanse » qui n’apparaît que dans une seule traduction et qui est un terme spécifique au cadre temporel, nous avons décidé de réaliser une comparaison plus complète de ces trois traductions afin de déterminer comment une traduction peut influencer la réception d’une œuvre par un lecteur.

On pouvait s’attendre à ce que les traductions les plus anciennes, celle de Leconte et Pressoir de 1813 et celles de Perks datant de 1822, bien que révisée en 2015, soient les plus fidèles au texte original, en un sens elles le sont, mais on a pu constater que certaines expressions et termes sont traduits très littéralement, ce qui crée un sentiment de décalage par rapport au lecteur francophone : le texte est fidèle mais le caractère archaïque de ces traductions peut les rendre moins attrayantes et moins accessibles à un public moderne.

En revanche, la traduction plus récente, celle de Chiari datant de 2011, tente une modernisation du récit, et cela passe par une explicitation de certaines expressions, en les rendant plus naturelles dans un contexte francophone. Cela ne se fait pas sans une certaine décontextualisation des relations complexes entre les individus qui peuvent exister à cette époque. Notamment dans le cadre de la danse et du bal, ou des termes très techniques qui ont été conservés dans les traductions antérieures ont été rendus dans une langue plus prosaïque.

Vous pouvez retrouver la comparaison complète en cliquant sur ce lien ici

Différentes traductions pour différents publics

La comparaison des traductions d’Orgueil et Préjugés offre une perspective intrigante sur la richesse textuelle et culturelle du roman. Chaque traducteur a apporté sa touche personnelle à l’œuvre, ce qui peut influencer la perception du roman par les lecteurs. Ces traductions apportent leurs propres contributions à l’interprétation du texte, chaque traduction ajoute une couche d’interprétation à cette histoire intemporelle, et tout ça sans effacer le travail effectué par les traducteurs précédents, et à défaut de pouvoir accéder à la version originale du texte, il est intéressant de pouvoir choisir une traduction selon ce qui nous attire le plus : une plus fidèle à la langue et à l’ambiance du roman, au risque de la trouver un peu archaïque, ou bien une traduction plus accessible et moderne qui est plus facilement compréhensible, mais qui risque d’être moins fidèle à l’œuvre originale.

  • Lucas Couaillez
  • Camille Dinane
  • Louhanne Lemaire

Résolvez l’énigme de Tyll Ulespiègle à travers une carte et une frise interactive

Vous avez sûrement tous déjà été confrontés à une série, un film ou un livre où vous ne comprenez rien à ce qu’il se passe. Que ce soit à cause d’un scénario trop complexe comme dans Tenet, ou un univers trop large comme dans Game of Thrones. Je sais ce que vous vous dites, c’est tellement dommage de passer à côté de tels chefs-d’œuvre juste à cause de leur complexité !

Eh bien, je vous présente Tyll Ulespiègle , un roman de Daniel Kehlmann publié en 2020. Et oui, l’histoire est aussi compliquée que son nom… Le roman reprend le mythe d’un saltimbanque farceur et insaisissable qui parcourt l’Europe durant la période du de la Guerre de Trente Ans. Ce livre lie donc fiction et histoire, et l’intrigue n’est pas développée dans un ordre chronologique. Tyll vagabonde dans toute l’Europe et vous passerez d’une époque à une autre sans avertissement, de quoi en perdre la tête.

Néanmoins, ce livre est une expérience incroyable et vous procure un torrent d’émotions, c’est pour cela que nous souhaitons faciliter sa compréhension et son accessibilité grâce à une carte interactive accompagnée d’une frise chronologique.

L’insaisissable Tyll, discontinuité narrative

Tyll Ulespiègle est originellement un mythe du folklore allemand datant du XIVe siècle dont l’existence reste encore à prouver. Daniel Kehlmann a, selon nous, parfaitement représenté l’insaisissabilité du personnage, notamment au travers de cette structure narrative dont on ne semble jamais pouvoir comprendre. La confusion provoquée par ce livre témoigne de la complexité créée par la personne qu’est Tyll. Si cela n’est certainement pas un défaut, un lecteur pourrait prendre peur et fuir ce genre de narration, d’où le choix de cette œuvre.

Que mettons-nous en œuvre pour vous aider ?

Le livre éponyme suit Tyll, mais reprend également des éléments historiques, certaines batailles de la guerre de Trente Ans et ses principaux acteurs. En plus d’être divertis, on vous organise un petit cours d’Histoire !

Fiction et histoire se rejoignent, créant une grande quantité d’informations à implémenter, trier et retenir. Si seulement on avait à portée de main une carte interactive qui retrace les déplacements de Tyll, le déroulement de tel ou tel événement, rencontre, bataille, etc… Vous voyez où je veux en venir… grâce à la carte que nous avons conçue sur StoryMaps, d’un simple clic vous aurez accès aux indications spatiales du chapitre que vous lisez. En effet, nous avons décidé de rester fidèles à la chronologie du livre afin de ne pas plus vous embrouiller l’esprit. Les différentes localisations pointées sur la carte sont présentées dans l’ordre d’apparition dans le récit et non dans l’ordre chronologique.

De ce fait, il nous reste à surmonter l’obstacle de la narration discontinue du livre. Le livre est composé de huit sections. Ces sections sont présentées dans un ordre anachronique et non chronologique. Ces sauts dans le temps vont définitivement troubler le lecteur.

C’est pourquoi nous avons choisi de compléter notre carte interactive par une frise interactive elle aussi, que nous avons conçu grâce à l’outil numérique TimelineJS. Cette frise reprend les événements de chaque chapitre du livre, dans un ordre cette fois-ci chronologique. Cependant, chaque diaporama de la frise est numéroté, précisant le numéro du chapitre concerné. Nous gardons ainsi un point de repère afin que le lecteur ne soit pas confus et puisse se retrouver dans sa lecture.

Notre projet a une visée principalement pédagogique : notre objectif est de fournir un support numérique au service de la compréhension et de l’accessibilité. La carte et la frise sont toutes les deux faciles à utiliser, elles permettent de suivre l’avancement de l’histoire en fonction de l’ordre de lecture. La présentation séquencée des éléments sur la carte interactive donne au lecteur un accès progressif aux informations, ce qui rend compatible l’utilisation de la carte et la lecture du livre en simultané.

Vous êtes désormais prêts et parés à vous immerger dans le monde chaotique et divertissant de Tyll Ulespiègle alors, bonne lecture !

Lien de la carte interactive :


Lien de la frise :

Lucien VAN SANTEN
Ambre DURAND

La stylométrie : étude du cas de Robert Galbraith

Sébastien Bathelot & Sebastian Bonilla

La stylométrie : en voilà un terme barbare ! Il ne s’agit pas ici de mesurer la taille de votre stylo plume mais bien de mesurer le style d’un auteur. Mais qu’entendons-nous par « mesurer le style d’un auteur » ? Le radical « -métrie » indique en réalité plus l’analyse que la mesure puisque la stylométrie – 17 points au Scrabble – est l’analyse du style d’un auteur à l’aide des statistiques. Combiner une notion littéraire à une discipline mathématique semble être un pari risqué et y associer en plus le numérique semble acter sa mort sociale. En effet, cette pratique est assez peu étudiée, même dans le domaine des humanités numériques, mais, malgré son aspect chimérique, la stylométrie est-elle si compliquée ? Nous parions que non et nous allons essayez de vous le prouver grâce à ces quelques lignes !

Concrètement, la stylométrie permet l’analyse des particularités d’un texte grâce aux statistiques pour mettre en évidence des marqueurs stylistiques pratiquement imperceptibles lors d’une lecture classique. Ces analyses – maintenant réalisées grâce à des programmes informatiques – peuvent par exemple établir qu’elle est la longueur moyenne d’un mot ou d’une phrase dans un texte ou quelle est la fréquence d’utilisation de tel ou tel signe de ponctuation. Ces éléments stylistiques sont inconscients et ils deviennent donc intéressant lorsque nous faisons face à un texte anonyme. La stylométrie propose ainsi de confronter les données collectées sur un texte anonyme à l’analyse d’autres textes dont les auteurs sont connus afin de donner une estimation statistique de quel écrivain est le plus susceptible d’en être l’auteur.

Toujours pas convaincu ? Rien de mieux qu’une mise en situation pour comprendre ce que l’on veut dire ! On vous présente donc… J.K. Rowling ! Il n’est pas ici question de Harry Potter, ni de ses lubies idéologiques mais de ses romans policiers. Eh oui, J.K. Rowling écrit également des romans policiers depuis 2013 sous le nom de Robert Galbraith. Son identité secrète n’a duré que quelque mois, justement, à cause de la stylométrie. À l’aide d’un programme informatique, Patrick Juola a réussi à prouver que l’autrice britannique se cachait derrière le nom de ce prétendu Robert. Pour ce faire, Patrick Juola a rentré le roman The Cuckoo’s Calling de Robert Galbraith dans son logiciel d’analyse stylométrique et a demandé à son programme de comparer le style du roman policier avec le style de quatre auteurs potentiels : Ruth Rendell, P.D. James, Val McDermid et J.K. Rowling. Le résultat tombe : les probabilités indiquent que J.K. Rowling est l’autrice la plus probable, ce que J.K. Rowling confirmera par la suite. Mais alors la stylométrie est-elle une meilleure enquêtrice que le détective mis en scène dans le roman de Robert Galbraith ?

En réalité, sur quatre caractéristiques étudiées, seules trois désignaient J.K. Rowling comme l’autrice la plus probable. En effet, sur l’une des analyses, la créatrice de Harry Potter n’apparaissait qu’en seconde position, derrière Val McDermid. La magie de la stylométrie est-elle défaillante ? Non, elle n’est simplement que statistique. En effet, cette pratique n’est pas infaillible : ce n’est qu’un outil. La stylométrie n’est pas une science exacte et ne s’appuie que sur la probabilité, une attribution basée uniquement sur la stylométrie n’est jamais fiable à 100 %. D’ailleurs, il n’y a pas que la fiabilité de la pratique qui peut être remise en question :

Que pensez-vous de sa moralité ?

Trouvez-vous moralement acceptable de révéler l’identité qui se dissimule derrière un texte anonyme ou publié sous pseudonyme ?

La stylométrie a permis d’identifier les auteurs d’actions terroristes ou a permis d’attribuer certains textes controversés à des auteurs célèbres et morts depuis longtemps comme Shakespeare. Mais est-ce pour autant légitime de dévoiler via la presse l’identité de la personne qui se cache derrière un pseudonyme si ce pseudonyme ne sert qu’à produire un contenu littéraire, non haineux, et que la personne souhaitant vivre dans l’anonymat est encore vivante ? On vous laisse vous faire votre propre avis !

Malgré cette légitimité littéraire et morale contestable, le stylométrie est un outil d’analyse passionnant… si on a correctement réussi à vous expliquer son intérêt. Alors, verdict ? Ce terme parait toujours aussi barbare maintenant ?

Livre numérique : accessibilité pour les personnes dyslexiques

« On compte près de 820 000 personnes « empêchées de lire » en France. » Voici le constat qu’a pu faire le ministère de la Culture. Entre handicaps visuels, moteurs ou encore troubles de l’apprentissage, c’est une lutte acharnée entre les associations représentantes de ces handicaps et l’Etat, voir le Monde.

Le Parlement européen s’est trouvé inspiré par la fondation italienne Libri Italiani Accessibili, en proposant la loi Accessibility Act, de 2019. Pour la France, ce n’est qu’en 2023 et des suites d’une mise en demeure pour « non-transposition de l’acte législatif européen sur l’accessibilité » par la Commission européenne, que le ministère de la Culture annonce son défi : rendre tous les livres numériques accessibles à tous pour 2025.

Mais quels dispositifs sont mis en place ?

Pour rendre compte de cela, nous avons pris un échantillon de trois applications de lecture : Kindle par Amazon, Aquile Reader par Windows et Kobo by Fnac. Nous les avons comparés à l’aide du livre Percy Jackson : Le voleur de foudre, de Rick Riordan, sorti en ePub en 2023 chez Albin Michel.

Ainsi, les outils majoritairement présents sont : le grossissement de la taille du texte, de l’espace entre les mots/lignes/paragraphes, mais aussi le type de police du texte.

Est-ce suffisant ?

Malheureusement non. Et plusieurs difficultés se posent. En effet, malgré les outils présents, ce n’est pas suffisant. Bien qu’un travail sur le texte puisse être effectué, notamment sur l’alignement, sur la couleur de fond, il serait important de pouvoir également mettre en avant uniquement certaines parties des mots. Les 3 applications présentent des points similaires mais, l’application Aquile possède, elle, néanmoins un outil plus utile : pouvoir espacer les mots, les phrases et les paragraphes.

En revanche, même s’il est possible de changer la présentation du texte, cela n’est pas forcément suffisant pour qu’une personne réussisse à lire un mot qui lui semble difficile, et une aide plus approfondie serait nécessaire, comme une aide à la lecture par exemple.

Des solutions ?

C’est ici que l’objectif 2025 du gouvernement rentre en jeux. En effet celui-ci, et plus particulièrement le ministère de la Culture, souhaite une accessibilité pour tous et sur tous les livres numériques, y compris ceux déjà existant. C’est un objectif lourd et qui a pour but de permettre à tous un accès à la lecture. Un décret ainsi qu’un arrêté ont été mis en place et ce sera dès le 28 juin 2025, que l’ensemble des livres parut et à paraître seront accessible à tout type de troubles ou de handicaps.

Mais en attendant ?

Les personnes dyslexiques peuvent déjà compter sur des organismes qui ont fait de rendre les livres accessibles pour tous une mission.

« Donner le pouvoir de lire », tel est le mantra de MOBiDYS, maison d’édition française innovante et inclusive, dont l’activité est d’adapter des livres déjà existants dans un format accessible pour les dyslexiques : le format FROG (FRee your cOGnition).

En travaillant en collaboration avec des orthophonistes, des laboratoires spécialisés, des associations pour dyslexiques et diverses maisons d’édition, MOBiDYS propose un catalogue de 500 livres (littérature de jeunesse, littérature classique, manuels scolaires) numériques adaptés aux personnes DYS, conçu avec un set d’une quinzaine d’outils permettant de faciliter le déchiffrage, améliorer l’attention et augmenter la compréhension.

C’est une offre bien en dessous de la demande française, mais ça reste engageant pour 2025.

Surtout si la France s’inspire de l’Italie et de la fondation Libri Italiani Accessibili, leader européen en matière d’accessibilité du livre pour tous. Soutenue par le Ministère de la culture italien, l’Union italienne des aveugles et des malvoyants, la Bibliothèque italienne pour aveugle et l’Association italienne de la dyslexie, l’objectif de cette fondation est de sensibiliser à l’accessibilité pour tous, et donc de rendre accessibles les livres à toutes les personnes en difficulté de lecture, les malvoyants comme les personnes dyslexiques. Leur catalogue se veut très large et varié : 24 000 livres de 76 marques d’édition différentes (fiction et non-fiction) adaptés à partir d’outils interactifs de personnalisation, de synthèse vocale et de catégorisation.

Par souci d’offrir les mêmes productions littéraires aux personnes en difficulté qu’au normolecteurs, ce catalogue est enrichi chaque mois par de nouveaux titres.

La LIA a fait du respect du droit à l’information et à la culture une mission : elle veille à rendre n’importe quel document accessible, qu’il s’agisse d’un manuel scolaire ou d’une œuvre de fiction.

En cela, la fondation italienne montre l’exemple pour le gouvernement français et son objectif 2025, qui est atteignable et nécessaire.

Auteures: Maeyens Manon/ Cassandra Flattot/ Elodie Zoonekyndt : M1 EdNITL

La littérature sourde française : rendre visible l’inaudible

Comment communiquer lorsqu’on ne peut pas parler ? Les Sourds connaissent cette questions depuis toujours, ce qui n’a pas empêché un langage de se développer entre eux. La langue des signes (LS) n’a rien d’artificiel, n’est pas créée à partir de rien : c’est une langue naturelle. Chaque langue voit se développer autour d’elle une culture spécifique et dans la majorité des cultures, la littérature prend une place non négligeable. La communauté Sourde ne fait pas exception : elle revendique sa propre culture et sa propre littérature, même si elle n’utilise pas un langage qui peut s’écrire. Jetons un œil sur l’importance croissante de la littérature Sourde dans la littérature mondiale et sa richesse, par l’approche d’un poème créé en langue des signes : « La mer » de Levent Beskardes.

La littérature dans la culture Sourde : quelques repères

En observant les occurrences des expressions « langue des signes » et « sign language » dans la production écrite aux États-Unis et en France, on relie facilement la place de la langue des signes dans la littérature avec l’histoire des Sourds (on vous propose cet article de Yann Cantin, pour mieux la connaître). On a calqué les grandes étapes de l’histoire des Sourds sur ce graphe de Ngrams Viewers :

On voit ici comment la langue des signes a disparu des productions en France après le congrès de Milan, tout en continuant à être visible aux États-Unis, non concernés par ces décisions de 1880. 1975 et le Réveil Sourd marquent un véritable tournant pour la diffusion de la culture Sourde, tant en France qu’aux États-Unis.

Pour autant, difficile de trouver la place de la littérature Sourde dans la littérature mondiale. Difficile de recenser les productions littéraires Sourdes, de les retrouver, de les récolter : si elle n’est pas traduite à l’écrit ou capturée dans une vidéo, on ne peut avoir accès à la littérature en LS. Il est d’autant plus difficile de la trouver, qu’elle n’est pas mise en avant pour le grand public. Les moyens restent pauvres, les récoltes généralement faites par des associations, comme sur le site Plaine Page, où l’on retrouve un regroupement de poèmes créés en LS ou bien traduits du français écrit à LS. L’important pour la littérature Sourde est donc de trouver un moyen de rester, de pouvoir être vue ou, à défaut, lue.

Pour la poésie en elle-même, elle se développe en France depuis la moitié du XIXe siècle. Ainsi, quelques recueils de poèmes bilingues sont apparus, rares mais existants. On y trouve un CD avec les vidéos des poèmes ainsi qu’une traduction écrite. Dans la littérature anglo-saxonne on peut penser au recueil de Dot Miles, Bright Memory (1993). Pour la littérature française, on citera Les mains fertiles, recueil de 50 poètes en langue des signes, édité par Brigitte Baumié (2015).

Étude de cas : « la mer » de Levent-Beskardes

Comme nous ne pouvons pas partager la vidéo du poème, nous vous proposons la traduction en français :

Voici quand-même un extrait de la vidéo du poème et la traduction du passage :

La vague s’élance, heurte la roche

Elle revient, frappe et frappe encore

Elle reflue

Se dérobe et

Frappe

Jeu d’écume à l’est vaguelettes à l’ouest

En analysant la vidéo et le poème, nous avons remarqué que les structures ne sont pas les mêmes : le découpage de la vidéo que nous avons effectué mettait en évidence quatre parties, alors que la traduction présente plus de strophes et certains vers isolés. A partir de là, on voit que la poésie en langue des signes a ses propres marqueurs poétiques, un rythme propre, que la traduction peine à retranscrire.

Au-delà du rythme, lorsqu’on regarde l’extrait que nous avons choisi et la traduction, on imagine facilement quelle partie de la vidéo correspond à « Frappe, frappe encore ». Cela est dû à l’iconicité de la langue des signes, terme qui désigne le caractère visuel direct du langage : le signeur frappe sa main pour signifier que la vague frappe. Cette façon de signer, très présente en poésie, est une difficulté supplémentaire dans la traduction : les mots dans le langage oral sont des concepts, pas des représentations directes du réel, comme le signe dont nous venons de parler.

          Une nouvelle vision de la littérature pour les entendants

MERCI

La littérature en LS reste très discrète pour qui n’est pas familier avec la culture Sourde. Tout de même, à travers notre vision globale, il apparaît que l’intérêt porté à la langue des signe est croissant depuis 1975 et que des médias se développent pour donner accès à cette littérature et la conserver. Peut-être êtes-vous désormais attirés par la littérature silencieuse ?

LAUDE David

BOUAS Caroline

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