
La critique des critiques de Cinquante Nuances De Grey
Fifty Shades of Grey (ou Cinquante nuances de Grey pour nos lecteurs non bilingues) est un bestseller de l’autrice E.L.. James, aux goûts… très particuliers

Nous y retrouvons Christian Grey, multimillionnaire mégalomane qui va faire la rencontre d’Anna, jeune et innocente femme imaginant la vie à travers ses livres de romances du XIX° siècle. Le jeune PDG va initier Anna au sadomasochisme en l’amenant dans sa « chambre rouge » et elle, en retour, va lui faire découvrir la douceur et la tendresse de l’amour, en l’entraînant dans les dérives de son cœur. Cette saga d’abord littéraire a été adaptée en films et a connu de nombreuses controverses et critiques. Récemment, grâce au développement de l’univers numérique, les utilisateurs du web peuvent partager leurs avis, impressions et leurs goûts sur des blogs. C’est dans ce cadre que nous avons décidé d’étudier différentes critiques de la saga d’ E.L. James et de les comparer selon les différents profils des auteurs : amateurs, expérimentés et professionnel.
Pour ouvrir le bal, nous accueillons les critiques amatrices non-expérimentées dont font partie Our Little Family et Books and Cappuccino, qui aimeraient (manifestement) se retrouver dans la chambre rouge de Monsieur Grey. Bien que très sympathiques et chaleureuses avec leurs lecteurs, nous remarquons directement que leur vocabulaire est aussi peu développé que celui d’E.L James dans ses œuvres. Les deux critiques sont obnubilées par le « sexy milliardaire », ce qui les empêche de donner une critique objective de l’œuvre. Leurs sites n’arrangent en rien leur manque de professionnalisme entre un design très coloré et enfantin ainsi qu’une police disgracieuse qui agresse nos yeux. Ce sont ces mêmes défauts qui permettent un soutien sans faille de leurs lecteurs et beaucoup de retours positifs sur leur langage sans filtre (il faut bien avouer que nous y avons aussi pris plaisir…).
Notre prochain duo de critiques amateurs plus expérimentés se compose de Carnet de Lecture et Geneviève Morel Psychanalyse (qui ont tous deux un égo aussi dimensionné que celui de Christian).

Nous retrouvons, chez eux, plus de professionnalisme que dans notre binôme précédent. Geneviève Morel nous présente une psychanalyse à travers la saga et devrait (d’après nous) se proposer en tant que psychologue attitrée du jeune PDG. Elle nous propose un dossier complet comparant l’œuvre à la thématique du vampire, car il ne faut pas oublier que ce bestseller est tout d’abord une fan-fiction de la saga Twilight de Stéphanie Meyer. Marc Bordier, l’administrateur du site Carnet de Lecture, rédige un billet sur un ton arrogant et condescendant témoignant de son snobisme (ce qu’il ne manque pas de signaler lui-même). Il relève la pauvreté d’écriture d’E.L. James mais aussi son arc narratif très peu développé. Or, nous ne pouvons pas nier leur professionnalisme montré par l’apparition d’autobiographies, mais aussi par le design épuré et très organisé qui va mettre en confiance les lecteurs. Toutefois, leur sérieux et leur snobisme peut refroidir le lecteur qui pourrait avoir envie d’aller se réchauffer chez Books and Capuccino ou s’attendrir face à Our Little Family.
Notre dernier invité au bal des critiques, n’est autre que le journaliste Thomas Sotinel avec son article « Ceci n’est pas une critique de Cinquante Nuances de Grey », publié dans Le Monde. Ce dernier réussi à concilier proximité avec le lecteur (comme chez notre premier duo) et professionnalisme (comme notre second binôme). Sans souhaiter au départ réaliser une critique de l’œuvre, il fait une comparaison entre la saga littéraire et son adaptation cinématographique sur un ton humoristique et ironique en restant objectif. Il va également s’appuyer sur des sources internationales fiables et reconnues pour inviter le lecteur à s’informer et à se faire son propre avis. Il va clore son argumentaire en se demandant s’il n’a pas finalement fait une critique de la saga malgré lui.
Nous avons pu constater, à travers ces différentes critiques, que cette œuvre reste très controversée. Le roman va correspondre seulement à une catégorie de lecteurs spécifiques et non à un public plus élargi. Par notre propre lecture et notre travail comparatif, nous nous sommes rendu compte que la familiarité avec le lecteur et la convivialité du site étaient tout aussi importants qu’une écriture soignée et que l’avis général porté sur l’œuvre. Trouvez-vous que nous avons su allier ces deux points dans notre propre critique ?
(Attention à votre réponse, sinon vous risquez de vous faire punir par Christian Grey !)