
Tu préfères la bande dessinée numérique, ou la bande dessinée imprimée ?
C’est une question que nous n’avons plus besoin de nous poser grâce aux webtoons !
Vous avez sûrement entendu parler de ce format de bande dessinée numérique qui fait ravage sur Internet et qui attire chaque jour des milliers de lecteurs. Grâce à leur popularité, ils débarquent dans nos librairies.
De plus en plus de webtoons sont adaptés au format papier, ce qui est surprenant dans notre ère où le format numérique prend le dessus. Et surtout, pourquoi les lecteurs achèteraient-ils un webtoon papier alors que la série est disponible entièrement et gratuitement en ligne ? (surtout que le risque de spoil est colossal !) On pourrait penser que cette tendance d’impression des webtoons montre une supériorité du papier sur le numérique, ou qu’à l’inverse la créativité en ligne a battu les auteurs armés d’un papier et d’un crayon.
Le webtoon n’est pas seulement une bande dessinée qui aurait été scannée et mise en ligne, c’est un genre avec des caractéristiques particulières, comme l’usage des blancs entre les vignettes ou la lecture de haut en bas qui utilise le geste du scroll afin de faire défiler les images. Pour cela les artistes se servent de ce qu’on appelle la toile infinie, une seule longue toile pour composer un chapitre.
Puisque le webtoon suit ses propres particularités, lors de l’adaptation papier il est nécessaire de faire des ajustements pour passer de la toile infinie du smartphone à une découpe paginale. Ainsi les maisons d’édition vont avoir tendance à réduire les zones de blancs, à rassembler les illustrations, à déplacer des chapitres pour clarifier la trame narrative, etc. Par exemple, dans l’adaptation de Lore Olympus on voit bien le passage du format vertical au cadre de la page, avec les illustrations rassemblées pour montrer la continuité de l’action.



Extraits du webtoon original Lore Olympus

Mise en page de l’édition papier : les illustrations sont sur la même page et s’enchaînent
De plus, les bulles de dialogue sont également rapprochées des images qui illustrent l’action, et s’éloignent du caractère fragmenté du webtoon numérique où la place du texte est plus libre par rapport au format papier. Ci-dessous l’exemple du webtoon Because I Can’t Love You :



Extraits du webtoon original Because I Can’t Love You

Mise en page de l’édition papier : les bulles de texte sont intégrées aux illustrations
Enfin, le blanc n’est pas toujours enlevé lors de l’adaptation au papier, il peut être réduit mais rester présent comme dans Colossale. Ce fond blanc permet de garder la verticalité du format webtoon, et parfois les maisons d’édition arrivent à conserver cet aspect numérique comme ici dans cet exemple.


Extraits du webtoon original Colossale

Mise en page de l’édition papier : une grande partie de fond blanc a été gardé, le format numérique s’adapte bien à la page
Grâce au support Webtoon, les petits artistes indépendants peuvent faire connaître leur travail au grand public avant d’être édités en papier. Déposer son manuscrit en maison d’édition ne suffit pas pour être publié, de nombreux artistes se voient refuser leur travail et se tournent donc vers la publication en ligne. Le format webtoon constitue donc une alternative et un tremplin pour l’édition en livre papier.
Chaque format de bande dessinée va attirer un lectorat différent. Les BD en ligne vont attirer des lecteurs généralement jeunes qui veulent lire facilement et rapidement, où qu’ils se trouvent. Les BD papiers attirent un plus grand public, qui veut prendre le temps de lire et de profiter de l’objet livre, en les collectionnant. Ces deux publics ne s’opposent pas et une personne qui lit au format papier peut aussi lire au format numérique.

Éditer un webtoon en papier, c’est faire d’une pierre deux coups : les lecteurs en ligne peuvent se rediriger vers leur série préférée en version collector, et les fans de BD papier découvrent un nouveau format qui aborde des thèmes différents de la BD traditionnelle.
- Because I can’t love you, de Lief et édité par Dupuis.
- Lore Olympus, de Rachel Smythe et édité par Hugo BD.
- Colossale, de Diane Truc et Rutile et édité par Jungle.
De GUILLAUME Ombeline, JEANJEAN Clémence, MONTARON Faustine et TWOREK Lucie











































